Le salon rouge - littérature et coups de coeur

Le salon rouge - littérature et coups de coeur

Marcelle Pâques : "Bordélique Alchimie" par SGdP

 

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Marcelle Pâques : "Toujours en équilibre sur le fil de la vie, j’aime jongler avec les mots et me lancer des défis."

 

Un étrange recueil surgit entre mes mains ... "Bordélique Alchimie", ce titre inattendu capte immédiatement mon attention et aiguise ma curiosité.  Je commence à lentement ouvrir le livre avec cette sensation de pénétrer dans un lieu où il m'est demandé de retirer mes chaussures, de marcher sur la pointe des pieds, et de chuchoter...

 

Même cela je ne le ferai pas.  Car un envol de pages blanches, parsemé de phrases lancées à tout vent, m'incitent au silence le plus complet.  Cette blancheur immaculée nous est présentée pour permettre au lecteur de s'approprier le livre, tel un enfant qui aime dessiner ou écrire des poèmes, poussé par une émotion soudaine.

 

Entrer dans le sanctuaire d'un poète c'est prier avec lui.  C'est suivre son regard vers l'infini des coeurs et du monde.  C'est s'élancer avec son âme dans des contrées de mots et de contemplation.

 

Marcelle Pâques nous invite d'abord au silence.  Afin que les battements de notre coeur rejoignent les mots qui nous attendent, paisiblement, disposés à nous prendre par la main vers un voyage unique.

 

Ce voyage dans "Bordélique Alchimie" est la capacité à saisir les instants de la vie, sans nécessairement trop se poser de questions, et d'en mesurer la beauté et la grâce qui en émanent.

 

"Le Cristal des jours"

 

L'amour, cette note bleue

Qui transcende la vie

 

Le bonheur

Comme une cascade

Bondissante, imprévisible !

 

Prendre conscience de la fragilité

et de la beauté émouvante de l'un et de l'autre

 

Car ils sont le cristal des jours."

 

 

Marcelle Pâques est également l'auteur d'autres ouvrages :

 

"Bientôt les jonquilles"

"Pourquoi pas ?"

"Les aventures de Billy"

 

Je terminerai par un autre extrait de l'auteure :

 

"Sur la page blanche

La candeur d'une larme

Me désarme"

 

Les ouvrages sont tous édités aux éd. Chloé des Lys

 

Par Savina Gillès de Pélichy 

 

 


15/02/2019
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Timothy Findley : "Bons baisers ..." par PdP

 

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"Bons Baisers du Pays des Hypocrites et autres Nouvelles"  ( livre de poche)
 
Thimothy Finley est un des grands auteurs canadiens ( anglais) du XX siècle.  Il a écrit entre autres des pièces de théâtre, des scénarios, des romans ainsi que des nouvelles dont celles-ci. Il est décédé dans sa résidence du Var en 2002 étant reconnu internationalement et notamment en France où il fut fait Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres .
 
 Préambule
Il m'arrive d'aimer lire des nouvelles, des récits (Maupassant), ce sont d'agréables passe-temps à l'instar des histoires que me racontait, dans mes premières années, mon grand-père Hermann qui est décédé lorsque j'avais 6 ans.
C'était très drôle, j'étais assis tout à côté de lui qui portait des pinces-nez en guise de lunettes et il tenait une BD de Tintin dans les mains. Chaque soir l'histoire changeait car il n'aimait pas lire les phylactères ! Et donc, il improvisait en s'aidant du support qui lui était offert par les dessins d'Hergé.
J'ai moi-même fait pareil à maintes reprises avec mes enfants mais sans support d'images.  Ce sont des moments magiques et une bonne occasion de leur montrer que l'on est sensible aussi à leur monde !
 
Voici donc sept nouvelles de Findley qui d'un bout à l'autre sont surprenantes. Toutes d'un style différent aussi bien narratif que littéraire et donc bien utiles  pour l'écrivain néophyte que je suis ...
Leurs histoires ne sont pas leur plus grand intérêt car un peu à la façon de certains films de Woody Allen, elles ont un non sens.
Toutefois, il décortique des situations tantôt d'attente, tantôt de vide, de folie.  On se trouve pris malgré tout par chacune de ces nouvelles avec un sentiment comme on en a tous connu dans des réceptions où l'on se demande " qu'est ce que je fais là".
Cela démontre la capacité de ce grand écrivain à nous balader au centre de la toile qu'il tisse et retisse en tous sens !
Parfois au passé, d'autres fois au présent, il s'essaye à différents styles, conte, dialogue de théâtre, mini roman.  Du fantasque au terre à terre.
Laissez-moi vous détailler sa technique dans "Bons Baisers du Pays des Hypocrites", sa plus longue nouvelle dans ce livre : nous sommes à l'époque de la chanson "Imagine"de John Lenon, au bord de l'eau, dans des énormes villas à Long Island, non loin de celle des Kennedy. 
Et là, avec la force d'un film à suspens, Findley nous décrit ces scènes et personnages en utilisant les techniques du cinéma. On arrive lentement en grand angle sur les jardins et leur maison puis, zoom sur les jardiniers et les maisons elles-mêmes qu'il découpe chaque fois comme des maisons de poupées dont on voit l'intérieur.
Dans différentes pièces de certaines villas, des personnages qui sont soit domestiques,soit résidents, soit invités et qui font tous une action au même moment.
Il arrive habilement a montrer dans une scène deux voyeurs avec des jumelles aux yeux, en nous plaçant, lecteur, derrière ces voyeurs comme si nous l'étions aussi .... simple et phénoménal à la fois !
 
Merci pour la leçon littéraire , Monsieur Finley. 
Par Philippe de Potesta
 

05/02/2019
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Jean d'Ormesson : "Un hosanna sans fin" par PdP

 

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Héloïse, sa fille et éditrice, mentionne au début de ce dernier ouvrage de Jean d' Ormesson, que celui-ci l'a achevé mais n'a pas eu le temps de le relire en regard de l'original car il est mort deux jours après, le 5 décembre 2017.
 
Je vous explique brièvement le contenu de ce beau" Hosanna sans fin" qui est dans les 10 ouvrages les plus vendus depuis le mois de septembre dernier.
"Autant que toute mort, et peut-être plus encore, toute naissance est une énigme." Tel un juge d'instruction, l'auteur se livre à une enquête en y incluant tous les indices de l'origine de l'univers à nos jours.
 
D'Ormesson dans cet ultime ouvrage, parle tout haut et de façon structurée de la grande question existentielle qui nous a taraudé de tout temps ! 
Son style et son intelligence lui concèdent  une approche directe, simple et non péremptoire, pour s'atteler à cette mission de quête de vérité.
En partant du constat que nous savons que nous mourrons mais que nous ne savons pas pourquoi nous sommes nés, une infinités de petits chapitres envisagent toutes les époques, sciences, religions et théories sur 7000 ans d'histoire et bien plus encore, pour arriver en fin de compte à déclarer que si il ne doute pas de la vie et l'existence de Christ Jésus, en ce qui concerne Dieu, il estime que " espérer qu'il existe, alors, c'est déjà y croire "
La seule vérité, pense-t-il, est d'être dans l'ignorance de nos origines, de la raison de notre présence sur Terre et de  notre dernière destination .
La science nous aide selon lui à comprendre et connaître un maximum de choses sur notre corps, notre histoire et l'Univers.  Mais elle ne cesse de changer et de changer le monde. Elle peut apaiser notre esprit mais pas notre angoisse !
Alors, en fin de parcours, il revient sur la religion chrétienne car, "un hasard organisateur qui, mêlé à la nécessité, serait à l'origine de la formation et du développement de l'Univers est une idée folle".
Il regrette de ne pas avoir la foi qui est une croyance "la plus ferme, la moins soumise à la contradiction et même à la discussion "Elle peut être un bonheur qui "soulève des montagnes".
Comme il aimerait que " Dieu existât ", maintenant il a une belle longueur d'avance sur nous quand à vérifier  son existence et celle de l'au-delà. 
En attendant, comme nous ne sommes pas pressés de rejoindre ce grand écrivain, Je trouve que lire un "Hosanna sans fin" est très agréable et structurant afin de  remettre en place et en bon ordre toute une série de pensées et réflexions que nous avons toutes et tous connues et envisagées.
 
Par Philippe de Potesta  

31/01/2019
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Eléonore de Jamblinne : "Espérance du trépassé"

Eléonore de Jamblinne, poète en herbe, a réalisé ce poème à 16 ans (née en 2001). 

 

D'une part, je l'ai trouvé émouvant sur le contenu et remarquable quant à la technique, mais aussi, étant lauréate du 1er prix, décerné par  Le service club KIWANIS NAMUR COMTÉ, en partenariat avec la Maison de la Poésie et de la langue française de Namur, j'ai pensé que ce poème méritait d'être diffusé sur le blog.

 

 

"La 22 ème édition de ce concours eut lieu en 2018, ce qui explique le choix du thème : la fin de la

première guerre mondiale.
Lancée par mon professeur de français, j’ai écrit un poème pour ce concours et c’est à ma grande
surprise que je reçu le premier prix. 
Le thème de la 23 ème édition, pour l’année 2019 est la Beauté ! Si vous êtes en 5 ème ou 6 ème secondaire,
et que vous sentez votre âme de poète refaire surface, n’hésitez pas à participer !
Pour plus d’informations concernant les règles de participation, voici le lien du site du Kiwanis :
http://www.kiwanis.be/namur-comte/concours-2019"
 
Espérance du trépassé
Tes yeux
Vers les cieux
Voient le rêve
De paix, de trêve
Qui s’est évanoui
Dans l’ombre de la nuit.
Cette cape de minuit
Est faite du même velours
Que le gant blême et noir de la mort.
Il emmena par la main tant de vies,
De ses doigts rendit le ciel aveugle et sourd,
Éteignit les étoiles et leur poussière d’or
Agonie d’un monde atrophié ! Destin maudit !
La guerre, point effacée, sévit encore !
Vois-tu ce manteau voué à l’abandon ?
Il n’a plus de grandeur et plus de nom
Le mien est inscrit sur cette pierre
Ô flot de larmes, ô honneur de guerre
Lequel de vous deux ferais-je taire ?
Dans cette vie ou dans le ciel,
 
Face à ce combat de valeur,
Le cœur encor se rebelle.
Etendu sur la lagune
De l’océan de tes pleurs
Je vois vibrer la lune
Annonçant l’aube claire
Et ses mains d’ivoire
Qui laissent choir
Sur la terre
L’Espoir.

 

 

 


29/01/2019
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Milena Agus : Terres Promises

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TERRES  PROMISES   éditions Liana Levi (2018)
 
 
Milena Agus est romancière et enseignante en Sardaigne, sa patrie.  Elle enthousiasme le public français depuis 2007 avec ses romans traduits dans plus de 30 pays.
 
Raffaele et Ester quittent la Sardaigne pour l' Italie "leur terre promise" ils y auront une fille Félicia qui est le personnage au centre de cette saga familiale de quatre générations .
 
Milena Agus que j'ai eu un vif plaisir à découvrir est véritablement une magicienne du roman "Terres Promises"  qu'elle découpe en cinquante petits chapitres ciselés et brillants, de véritables bijoux de descriptions riantes et percutantes de vraisemblance.
 
Tout se succède à un rythme enchanteur et on est tenu éveillé de la première à la dernière page car on parcoure L'Italie, la Sardaigne et New York en vitesse de croisière constante, de 1943 à nos jours tout en apprenant des anecdotes historique sur la Sardaigne .
 
L'étude des personnages finement rendus les rend crédibles tant on croit y reconnaître des traits familiers dans notre entourage .
 
J'aime bien l'humour toujours présent et dans les trois parties du roman, ce même message à propos des terres promises  qui dit : ne passez pas à côté du bonheur qui est à votre portée en regardant trop loin.
 
Bien  que la lecture soit facile tant l'écriture est légère comme une sonate, on est envahi par une douce réflexion sur l'évolution des humains et de notre époque.
C'est assurément un bon livre que je vous recommande.
 
Par Philippe de ¨Potesta

26/01/2019
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